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Le salon d’attente du Centre dentaire Champfleury, le long des fenêtres.

Douze ans.Une histoire pour les grands.

Une histoire de quatre minutes, à lire la veille.

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Ma fille avait six ans quand elle m’a posé une simple question qui a tout déclenché.

Elle venait de terminer son premier rendez-vous chez la dentiste. Un sourire éclatant. Elle avait un autocollant collé sur son chandail et une brosse à dents mauve qu’elle tenait très fièrement dans sa main. J’avais passé les quarante minutes précédentes dans la salle d’attente, à regarder le plancher.

« Papa, toi, c’est quand ton prochain rendez-vous? »

Je n’avais pas de réponse à sa question, car je n’avais pas de prochain rendez-vous.

Mais je savais la date de mon dernier rendez-vous. C’était : il y a douze ans.

Douze ans. Au début, c’était une question de conflit d’horaire. Ensuite d’argent. Puis, à un moment que je ne saurais situer, c’est devenu autre chose. Plus le temps passait, plus l’idée d’ouvrir la bouche devant un dentiste devenait impossible. Je ne craignais pas la douleur. Je craignais le silence d’un professionnel qui examine et qui comprend rapidement que ça fait plusieurs années.

« Bientôt », lui ai-je répondu.

Elle a hoché la tête, satisfaite, et elle est passée à autre chose, comme les enfants le font.

Moi, non.

Parce que j’ai compris ce soir-là que ma fille m’observait. Qu’elle allait faire le suivi. Que dans trois ans, dans cinq ans, elle allait constater que son père ne va jamais chez la dentiste. Et qu’elle apprendrait quelque chose sans que personne ne lui dise.

Je n’avais pas peur pour moi. J’avais peur de lui transmettre ça.

Il fallait que je fasse le premier pas.

J’ai appelé un mardi matin, en marchant, parce que c’était plus facile pour moi en marchant. J’ai dit à la réceptionniste : « Ça fait très longtemps ». Elle a répondu : « C’est parfait, c’est exactement pour ça qu’on est là ».

Pas de silence. Pas de soupir. Juste des dates de disponibilités.

Le matin du rendez-vous, ma fille m’a remis son hippopotame en peluche à la porte : « Prends-le. Ça aide ».

En arrivant à la clinique, je l’ai laissé dans l’auto. Mais j’y ai pensé tout le long.

Dre Vu ne m’a pas demandé pourquoi avoir attendu douze ans. Elle m’a demandé si j’étais confortable, et elle m’a indiqué comment lever la main pour qu’elle arrête. Elle a nommé chaque étape avant de la faire.

C’est certain qu’il y avait du travail à faire. Elle me l’a dit franchement, bien expliqué, avec un plan et des étapes pour l’accomplir. Ce n’était pas la catastrophe que j’avais imaginée pendant douze ans dans ma tête. Ça ne l’est presque jamais, de toute façon.

En sortant de la clinique, j’ai fièrement texté une photo de mon autocollant à ma conjointe.

Le soir, ma fille a examiné mes dents de très près, très sérieusement, comme une dentiste.

« Ça fait mal? »

« Non. »

« Tu vas y retourner? »

« Dans un mois, selon le plan établi. »

L’air satisfaite, elle est retournée jouer.

Elle ne saura jamais qu’elle m’a fait faire ce premier pas, cet appel. Un jour, quand elle sera grande, elle ira chez la dentiste sans y penser, comme on va chez le coiffeur. Ça n’aura rien de courageux pour elle. Juste normal.

C’est exactement ce que je voulais.

Alors, ça fait longtemps pour vous aussi? C’est justement à ça qu’on est bons. Faites-nous confiance. Vous allez voir.

Ce que je vois vraimentquand vous ouvrez la bouche.

Une lettre de Dre Vu, à lire avant de venir.

Dre Vu
Dre Vu

Vous avez peut-être attendu des années avant d’ouvrir cette page. Je le constate chaque semaine.

On me dit souvent, la main devant la bouche : « Vous allez trouver ma situation terrible. » Voici ce que je regarde vraiment.

Je ne compte pas les années. Soie dentaire, tabac, dent qui bouge : je le devine en dix secondes. Ça ne change rien à la façon dont je vous traite.

Ce que je vois, c’est quelqu’un qui s’est présenté à son rendez-vous. Téléphoner quand on a vraiment besoin de soins dentaires, c’est le plus difficile. Le reste, ça me concerne, c’est ma profession.

Une bouche négligée, je sais quoi faire. Si une douleur est persistante, on règle ça d’abord. Venez pour avoir l’heure juste, sans rien décider : un premier examen est un point de départ.

La première visite se déroule comme suit : examen, radiographies, nettoyage si vous voulez. Vous repartez avec un plan par étapes. Rien ne se fait sans votre consentement.

Si c’est l’apparence de vos dents qui vous gêne, dites-le. C’est souvent difficile à exprimer.

Pas nécessaire de vous excuser, ni d’expliquer les années qui se sont écoulées. Dites-nous que vous avez peur, on ira à votre rythme. Vous n’avez qu’à lever la main et j’arrête, et cela à chaque fois.

J’ai voulu une clinique où les patients se sentent respectés, sans jugement.

Lorsque vous ouvrirez la bouche, je ne verrai pas quelqu’un qui a laissé passer les années. Je verrai une personne qui a pris la décision de venir, une personne que je peux aider et qui vient de franchir l’étape la plus difficile.

À bientôt,

Dre VuDentiste, Centre dentaire Champfleury

Ce qui se passependant que vous avez la bouche ouverte.

Un nettoyage raconté depuis le fauteuil, chaque son nommé avant d’arriver.

  1. 0 à 5 min

    On s’installe

    Vous entendez Un ronronnement électrique : le fauteuil s’incline. Une lampe s’allume au-dessus de vous.

    Vous sentez Une serviette sur vous, des lunettes contre la lumière. L’hygiéniste vous demande comment vous allez.

    « Je suis un peu stressé ». Ça change la façon dont l’équipe vous parle.

  2. 5 à 10 min

    L’exploration

    Vous entendez Presque rien. Un petit miroir sur une dent, des numéros et une description à voix haute.

    Vous sentez Le miroir, l’explorateur (un instrument à fine pointe recourbée pour détecter les caries, le tartre et les fissures) et une sonde fine, passent sur chaque dent. Les numéros : c’est la carte de votre bouche, pas un résultat d’examen.

  3. 10 à 25 min

    Le détartrage

    Vous entendez Un sifflement fin et continu avec de l’eau : le détartreur à ultrasons. Par moments, un grattement : la curette.

    Vous sentez Des vibrations et de l’eau fraîche. Ce qui se détache, c’est le tartre. Une gencive sensible? Il y a un gel que l’on peut mettre.

    C’est la plus longue étape et la plus bruyante. Tout le reste est plus court.

  4. 10 à 25 min

    L’aspiration

    Vous entendez Comme une petite paille qui aspire de l’eau, comme le fond d’un verre.

    Vous sentez Elle reste au coin de votre bouche. Quand on vous le demande, fermez les lèvres : tout se vide.

  5. 25 à 32 min

    Le polissage

    Vous entendez Un faible bourdonnement. Un goût de pâte, menthe ou fruits.

    Vous sentez Une petite brosse en caoutchouc qui vibre et tourne sur chaque dent avec la pâte. Ça chatouille un peu.

  6. 32 à 35 min

    La soie

    Vous entendez Rien.

    Vous sentez La soie passe entre chaque dent. Si une gencive saigne, c’est qu’elle est irritée; le nettoyage lui fera du bien par la suite.

  7. 35 à 40 min

    Le bilan

    Vous entendez Une conversation. Un fauteuil qui remonte.

    Vous sentez On vous explique ce que l’on a constaté, caméra à l’appui. Demandez tout ce que vous voulez savoir. Le rendez-vous suivant se prend au comptoir.

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Durées typiques, pas une promesse. Premier examen : environ une heure et demie, radiographies comprises. Ce que comprend un premier examen

Vous gardezle contrôle.

La bouche ouverte, impossible de parler. Vos mains, oui. Quatre gestes valables dès la première visite.

Imprimer la charte
  • Main levéeOn arrête tout de suite.Pas besoin de raison. On retire l’instrument et on attend.
  • Deux doigtsJ’ai besoin d’avaler ou de rincer ma bouche.On met sur pause, l’aspiration vide votre bouche, vous respirez.
  • Pouce levéÇa va. Continuez.La réponse à la question qu’on vous posera souvent. Pas besoin de hocher la tête.
  • Main à plat qui balanceC’est inconfortable. Allez-y plus doucement.On ne s’arrête pas, mais on ralentit, on change d’angle, ou on met le gel qui engourdit.

La boucheouverte.

Sur ce dessin, touchez un mot pour éclairer la zone concernée, ou touchez une dent pour faire apparaître le terme correspondant.

Ce que vous entendrez au rendez-vous

Carie interproximale
Une carie entre deux dents, là où la brosse ne passe pas.
Obturation
Un plombage. On retire la partie abîmée et on comble, couleur dent ou argentée.
Bruxisme
Grincer ou serrer des dents, souvent la nuit. Une plaque de nuit les protège.
Occlusion
La façon dont vos dents du haut et du bas se rencontrent.
Radiographie panoramique (Panorex)
Une seule image de toute la bouche. L’appareil tourne autour de votre tête.
Radiographie céphalométrique (Ceph)
Une radiographie de profil du visage et des mâchoires. Elle montre comment les dents et les mâchoires se placent les unes par rapport aux autres.
Radiographie 3D
L’appareil tourne autour de votre tête pour créer une image en trois dimensions des dents, des racines, de l’os et des structures anatomiques.
Scan intra-oral
Une petite caméra passe sur les dents pour en faire un modèle numérique. Elle remplace la pâte à empreinte.
Scellant
Un vernis posé dans les sillons des molaires contre la carie.
Extraction
Retirer une dent. Les dents de sagesse, le cas fréquent.

La denten coupe.

Sur cette coupe, touchez un mot pour éclairer la partie concernée, ou touchez une partie de la dent pour faire apparaître le terme.

Ce que vous entendrez au rendez-vous

Détartrage sous-gingival
Un nettoyage sous le bord de la gencive, où le tartre s’installe.
Traitement de canal
Nerf atteint? On nettoie l’intérieur de la racine et on la scelle. Le but : garder la dent.
Gingivite
Une gencive irritée qui saigne au brossage. Ça guérit avec un bon nettoyage et des soins appropriés recommandés à la maison.

Éduquez-vous.Cinq soins fréquents en exemple, trois étapes animées.

Un mot entendu au fauteuil fait peur quand on ne le voit pas. Le voici, image par image.

La carie et l’obturation

Le traitement de canal

La couronne

L’extraction

La parodontie

Demain, dites-le en arrivant.

Trois mots suffisent : « J’ai peur du dentiste. » L’équipe sait quoi faire. Pour parler d’abord, appelez.

Pour les enfants, il y a l’histoire de Léo.
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